Avec Eric Julien et les indiens Kogis, l'intégration nécessaire de la sagesse des peuples premiers

Devant l'errance collective des sociétés occidentales, aveuglées par leur culture dominante, matérialiste, techno- scientifique et capitaliste, qui ne donne plus d'horizon de progrès à l'être humain, mais plutôt les signes d'une inquiétante agonie faite de cancers et de maladies cardiovasculaires, de changement climatique, de grande pauvreté galopante et de guerres proliférant sur le terrain de la misère, il est de toute première urgence de se tourner vers la sagesse des peuples premiers, en suivant les pas d'Eric Julien, à la rencontre des Kogis, ces indiens de la Sierra colombienne, qui vivent toujours vêtus de blanc, immaculés, dans la mémoire de leurs ancêtres qui connaissaient la Loi – les bouddhistes diraient le Dharma.
Lisons donc son beau livre : "Kogis, le réveil d'une civilisation précolombienne", admirons son film en DVD : "Kogis : le message des derniers hommes" et inscrivons-nous à l'association "Tchendukua": www.tchendukua.com, pour racheter des terres aux indiens.

"Le monde est en train de perdre, et c'est tragique, l'originalité de ses peuples et la richesse de leurs différences, dans son désir de "cloner" l'être humain pour mieux le dominer. Alors, inexorablement nous devenons pauvres, pauvres d'esprit, pauvres de l'autre, pauvres de nous, perdus entre nous et nous, sans autre pour nous reconnaître, nous aimer. Il apparait bien que le clonage des esprits, à défaut des corps, est largement présent, qu'il s'insinue partout, inexorable, sûr de son fait, qu'il nous entraîne vers un néant chaotique, nourri d'émotions, de rancoeur, porte ouverte à toutes les violences (...)
Il faut être clair, si les Kogis disparaissent, si ces peuples sont peu à peu annihilés, c'est bien parce que nous le souhaitons, ou pour le moins, parce qu'il nous semble pas nécessaire de souhaiter l'inverse. Dans ce registre la résignation vaut acquiescement. Le fait aussi, bien sûr, qu'il ne semble y avoir d'autre alternative que l'uniformisation des pratiques et des comportements, que les Kogis soient "condamnés à s'adapter ou à disparaître" . A ceux-là, j'aurais voulu faire comprendre que notre survie passe par celle des peuples premiers, ces "peuples racines", comme certains les appellent aujourd'hui. Et le terme n'est finalement pas mal choisi, racine et mémoire ne représentent-elles pas ce qui permet à un arbre de s'ancrer dans la terre, à des hommes de s'ancrer dans leur histoire, à une communauté, qu'elle qu'elle soit, d'envisager un futur serein ? (...)
Là où les Kogis ont fait le choix de la mémoire, obstinément, pour savoir où aller, quel futur se choisir, comment rester humain ensemble, il semble bien que nous ayons fait le choix de l'oubli. Peu à peu, nous devenons peuple errant, éclaté, sans ancrage parce que sans mémoire."
Eric Julien Kogis, le réveil d'une civilisation précolombienne éditions Albin Michel.

Il faut aussi aller voir les trois articles que j'ai consacrés aux kogis sur mon blog avec leurs commentaires :