Sri Aurobindo, une nouvelle étape intégrative dans la spiritualité

Sri Aurobindo marque une étape importante de l'esprit intégratif dans le domaine de la spiritualité.

Dans tous ses écrits, le sage indien de Pondicherry va insister sur la nécessité d'intégrer le corps, la matière, la forme, le multiple, le devenir dans la vision traditionnelle de la réalisation spirituelle, isolée dans son Soi immuable et éternel.
La conséquence pour le sage éveillé, c'est qu'il doit descendre de son piedestal méditatif, pour s'engager dans le monde, dans la vie, dans la réalisation et l'incarnation matérielle. Il ne peut plus rester à l'écart dans sa grotte, son ashram ou son monastère, mais participer pleinement, de son rayonnement à l'évolution, au milieu des hommes.

Le message de Sri Aurobindo a été continué par “la Mère”, cette femme française qui est venue rejoindre Sri Aurobindo en 1920, pour suivre son enseignement, et qui après sa mort, en 1950, va tenter d'incarner cette spiritualité intégrée à la vie, en fondant en 1968 une ville nouvelle Auroville, tout près de Pondicherry.
Le centre de cette ville futuriste, qui compte actuellement environs 2000 habitants venus du monde entier, c'est le « Matrimandir » : un temple moderne de forme ovoïdale, complétement vide et blanc à l'intérieur, voué à la méditation silencieuse,
centre spirituel d'une ville spirituelle pouvant être un laboratoire porteur de sens pour une humanité chaotique en pleine crise.

Galerie photos du Matrimandir :

Ovoïde sacré ... Chargement de la photo. Veuillez patienter...
Ovoïde sacré ...
Ovoïde sacré ... contenant le vide lumineux ... d'où peut émerger ... tout le potentiel spirituel ... d'une ville future ...  harmonieuse ... où l'être humain serait enfin ... réconcilié avec lui-même autour du Matrimandir, Flamboiement de couleurs
Ovoïde sacré ...
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d'où peut émerger ...
tout le potentiel spirituel ...
d'une ville future ...
harmonieuse ...
où l'être humain serait enfin ...
réconcilié avec lui-même
autour du Matrimandir,
le jardin zen
Flamboiement de couleurs

Voici ce que Sri Aurobindo dit, dans un de ses derniers textes écrits en 1949, de la transformation nécessaire du corps et de la matière, par sa conception intégrative de la spiritualité.

“Une vie divine dans un corps divin, telle est la formule idéale que nous envisageons. Mais que sera ce corps divin ? (...)
D'une façon générale, la tradition spirituelle considérait le corps comme un obstacle, comme une substance incapable de spiritualisation ou de transmutation, un poids lourd qui attachait l'âme à la nature terrestre et empêchait soit son ascension vers l'accomplissement spirituel en le Suprême, soit la dissolution de son être individuel en le Suprême. Mais si cette conception du rôle du corps dans notre destinée convient assez bien à une sadhana (discipline spirituelle) qui considère la terre simplement comme un lieu d'ignorance et la vie sur terre comme une préparation à une sortie salvatrice hors de la vie, elle est insuffisante pour une sadhana qui conçoit une vie divine sur la terre et qui estime que la libération même de la nature terrestre fait partie du dessein total de l'incarnation de l'esprit ici-bas. Si une transformation totale de l'être est notre but, la transformation du corps doit indispensablement en faire partie. Sans elle, aucune vie divine intégrale n'est possible sur la terre.

L'évolution passée du corps, et surtout sa nature animale, son histoire animale, semblent être l'obstacle à cet accomplissement. Mais le fait qu'il est façonné par une âme et qu'il soit capable de lui servir d'instrument peut indiquer aussi qu'il est capable d'un développement ultérieur et qu'il peut devenir un sanctuaire, une expression de l'esprit, révéler la spiritualité secrète de la matière, devenir conscient entièrement, au lieu de l'être à moitié, et parvenir à une certaine unité avec l'esprit”.
Sri Aurobindo "La manifestation supramentale sur la Terre" Ed. Buchet/ Chastel